Sur les traces du grand Arénas, lecture d’un morceau de ville

Lecture d’un morceau de ville

Cette promenade urbaine propose de porter un autre regard sur la ville et revenir sur les transformations (destructions-reconstructions) successives du camp du Grand Arénas. Les habitants des quartiers de La Cayolle et de la Jarre apportent leur éclairage sur l’évolution du quartier. Redécouvrez la ville et partez à la recherche des traces d’un patrimoine effacé !

Marche pour l'égalité 0012 Marseille le 15 octobre 1983 Départ de la marche pour l’égalité

Départ de la marche pour l’égalité et contre le racisme, 15 octobre 1983,
©Pierre CIOT

Le 15 octobre 1983 la Marche pour l’égalité et contre la racisme part de Marseille et précisément du quartier de la Cayolle. Le contexte politique est tendu suite aux élections municipales.

Le quartier de la Cayolle, comme celui de la Busserine ou de Bassens constituent des territoires emblématiques de l’histoire des mobilisations collectives des immigrés à Marseille.
Sur le périmètre qui accueilli le camp du grand Arénas, un autre événement emblématique en restitue les traces. C’est en effet, de la Cayolle que les militants de La Marche décident de partir pour dénoncer le climat raciste et les agressions en direction des travailleurs immigrés et de leur famille à Marseille.  Dans la nuit du 11 au 12 juin 1981, une bombe explose dans la cité d’urgence du Baou, construite en 1966. Vingt-neuf familles sont sinistrées. Le 14 mars 1983, la campagne électorale des municipales exacerbent les questions sécuritaires et  deux enfants sont sérieusement blessés par l’attentat revendiqué par le groupe Charles Martel, groupe armé français d’extrême droite dont les attaques sont nombreuses dans le contexte d’après-guerre d’Algérie, à Marseille. 

A chaque pas, c’est toute l’histoire d’un quartier qui se révèle : l’urbanisation progressive d’une campagne, à partir d’un camp construit en urgence en 1945, pour héberger des soldats et travailleurs coloniaux, des rescapés des camps de concentrations, puis des Juifs d’Afrique du Nord en route vers Israël, mais aussi les travailleurs algériens et leur famille en « attente »  de logement durables. De l’hébergement d’urgence aux cités de transit, jusqu’aux constructions actuelles de résidences clôturées, la lecture de ce morceau de ville proposée par l’association Ancrages révèle l’histoire d’un site témoin de grands mouvements de populations du XXe siècle et de leurs conditions de vie.

Sur les traces du Grand Arenas

Le circuit de la balade “Sur les traces du grand Arénas”

Le point de départ de la balade s’effectue au rond-point au croisement entre l’avenue Colgate et le boulevard Peretti dans le 9e arrondissement. Elle se déroule ensuite sur un circuit qui reprend les anciens contours du camp du Grand Arénas. Elle longe ainsi le chemin de Sormiou, remonte par le quartier de la Cayolle, avant de redescendre vers le quartier de la Jarre. Elle traverse différentes résidences qui témoignent encore des cités de transit qui ont peu à peu remplacé les baraquements du camp. Chaque étape est l’occasion de repérer les traces du passé et de les expliciter, reconstituant l’histoire du quartier et ses évolutions jusqu’à nos jours. Certaines étapes font appel à la parole des habitants, témoins privilégiés des transformations du quartier et de son histoire.

Informations pratiques