OpenStreetMap, la cartographie libre

OpenStreetMap_logoVous trouverez dans cette page des informations concernant la cartographie dite libre et son principal outil, OpenStreetMap.

La carte n’est pas le monde. Elle n’est que le regard qu’un homme a un jour posé sur lui.

Rémi Caron, ingénieur cartographe (1980)

 

 


Qu’est ce qu’une carte ?

Carte mondiale datant de 1154 réalisée par Al Idrissi pour Roger II de Sicile.

Carte mondiale datant de 1154 réalisée par Al Idrissi pour Roger II de Sicile.

La carte constitue tant un outil technique qu’une expression artistique. Elle est le résultat de choix opérés dans la représentation du monde (échelles, thématiques, angles d’attaque).

  • La carte géographique est une image codifiée de la réalité géographique, représentant une sélection d’objets ou de caractéristiques, relevant de l’effort créateur de son auteur par les choix opérés et destinée à être utilisée lorsque des relations spatiales ont une pertinence essentielle (définition de l’association cartographique internationale, 1995)1
  • Toute carte est avant tout une métaphore sensible du monde” (Julien Verhague, philosophe). En somme, le cartographe travaille pour exprimer sa vision du monde.

Jusqu’aux années 1980, les cartes étaient dessinées à la main, avec minutie et attention. Réalisées aujourd’hui presque uniquement par ordinateur, les cartes sont monnaie courante, et sont présentes dans des domaines aussi différents que les indications d’itinéraires, les visualisations, ou les conflits de frontières. De ces données, nous faisons des chiffres, des images, des décisions. Le plus souvent, nous en faisons des images. En général, les données géographiques sont soit des raster (données matricielles), soit des vecteurs – composées soit de pixels, soit de géométries2.

 

 

 


OpenStreetMap

Qu’est-ce qu’OpenStreetMap ?

openstreetmapOpenStreetMap (ou “OSM”) est un projet international fondé en 2004 dans le but de créer une carte libre du monde. Cette carte du monde entier est librement modifiable et faite par des internautes. Les données sont collectées dans le monde entier sur les routes, voies ferrées, les rivières, les forêts, les bâtiments et bien plus encore !

OpenStreetMap permet de voir, modifier et utiliser des données géographiques de n’importe quel endroit dans le monde.

Les données cartographiques collectées sont ré-utilisables sous licence libre ODbL (depuis le 12 septembre 2012).

La valeur ajoutée d’OpenStreetMap en comparaison avec d’autres cartes dites propriétaires comme Google Maps repose sur la communauté et la capacité à pouvoir réaliser de la micro-cartographie: des zones jugées peu intéressantes seront mieux cartographiées par OpenStreetMap. Par exemple les délaissés agricoles ou urbains qui n’apparaissent pas sur les cartes classiques seront présents sur OpenStreetMap.

Comment fonctionne OpenStreetMap?

La récolte, mondiale, se fait à partir de données géographiques objectives et “visibles”.  Les contributeurs sont multiples, pour des usages multiples (humanitaire, commercial, par exemple Michelin récupère les données pour ses propres cartes)

Question des droits d’auteurs : il existe des droits d’auteurs sur certaines données qu’il est interdit d’utiliser. En effet toutes les données présentes dans OpenStreetMap doivent être des données libres de droit. Par exemple certains itinéraires ne sont pas libres (Les GR, chemins de Grande Randonnée, les lignes de bus dans les villes.) On peut les dessiner mais pas les nommer !

D’où l’importance de libérer les données cartographiques d’un territoire en demandant par exemple une délibération au conseil municipal d’une ville pour libérer la carte des lignes de bus.

En revanche les données qui sont entrées dans OpenStreetMap sont réutilisables dans les mêmes conditions (Licence cc-BY-SA): si on intègre ces données, toutes les autres données doivent être libres et réutilisables aussi,  c’est une licence dite “contaminante”.

Pour contribuer à OpenStreetMap, deux solutions sont possibles: directement sur le site avec l’éditeur en ligne iD ou via un éditeur, JOSM. Cet éditeur, à installer, permet d’une part l’intégration massive de données et d’autre part de pouvoir travailler hors-ligne.

Quelques outils pour apprendre à utiliser OpenStreetMap

L’utilisation de JOSM nécessite de connaitre la nomenclature. Elle est disponible sur le wiki de JOSM (en anglais) et en français pour les tags les plus courants sur le site de l’association Tiriad.

Quelques principes de OpenStreetMap

  • OpenStreetMap fonctionne sur le modèle de wikipédia, un “pot commun de big data”.
  • Depuis 2009, la mise à disposition par les services publics de leur données (cadastre, etc.) a permis d’accélérer la cartographie.
  • En 2011, le moteur de recherche Bing a mis à disposition ses photos aériennes permettant  d’améliorer la cartographie.
  • Depuis 2014, le projet BANO (Base Adresses Nationale Ouverte) est une initiative d’OpenStreetMap France qui a pour objet la constitution d’une base la plus complète possible de points d’adresse à l’échelle de la France.
  • OpenStreetMap se base sur deux principes: la cartopartie sur le terrain (voir ci-dessous), et des séances de saisie via des photos satellites organisées par la Humanitarian Organisation Team (en anglais), une communauté qui cartographie pendant les sinistres ou situations d’urgence comme par exemple lors du tremblement de terre au Népal.)

Le principe de la cartopartie

Une cartopartie consiste pour un groupe d’openstreetmappers et de novices à se déplacer sur une zone à cartographier de façon exhaustive . C’est un événement convivial où les gens se rencontrent et échangent entre deux séances de cartographie. Une séance de cartographie consiste à diviser une zone et de la répartir entre les participants et à la cartographier, que ce soit en voiture, à vélo ou à pied.

Quelques outils pour la récolte des données sur le terrain :

  • Papier, crayon.
  • Field paper ou walkingpaper : Site permettant de réaliser un “carnet de terrain” à partir de fond de cartes disponibles en ligne. Sur le terrain on peut donc faire des relevés, remplir la carte, que l’on peut scanner par la suite.
  • un GPS avec une carte SD pour mettre des fonds de carte (ex: garmin et rex 20/30), ou un smartphone pour collecter et visualiser, ou une tablette, plus intéressant pour travailler en groupe. Pour ces deux derniers, la qualité du GPS est moindre qu’un outil GPS dédié.

Quelques outils pour aller plus loin dans l’utilisation d’OpenStreetMap

Les outils suivants permettent eux de créer des cartes personnalisées et interactives plus poussées. Pour ce faire il est nécessaire de connaitre les outils de développement web, javascript ou CSS :

D’autres outils pour créer des cartes:

  • Remplacer le fond de carte d’OpenstreetMap par votre fond de carte est possible. Map Warper (en anglais) est un outil qui permet de géolocaliser correctement son image sur la carte. Cet outil permet d’utiliser par exemple des fonds de carte anciennes.
  • Un outil de narration cartographique: StorymapJS (en anglais), permet de raconter une histoire sur un parcours géographique.
  1.  Jean-Paul Bord “La carte, l’espace et le territoire“,  Lire les territoires, dirigé par Yves Jean et Christian Calenge,   Collection Perspectives Villes et Territoires, Presses universitaires François-Rabelais, 2002
  2. Pour aller plus loin consulter le site map school